mercredi 9 janvier 2008

A TIME TO BE SO SMALL



les arbres ne sont pas au foyer.
rien de ce qui passe devant mes yeux n'as la bonne mise au point. tout est flou et gris, journée de pluie perdue dans l'hiver québécois, journée de grisaille dans la tête et ailleurs. la nuit se termine et la brume s'effiloche sur les villes, la cime des arbres s'y perd, les fils électriques glacés et frissonnants, les pylônes fiers et seuls... seuls. la blancheur de la neige, le flou et le calme angoissant de cette fin de journée m'ont donner des photos parfaites. évidemment, je n'avais rien d'autre pour les capter que mes yeux lourds et ma tête saturée par le vide. ma conscience, pour le peu qu'elle n'ai pas fuit en voyant tous ces mots sortir de ma bouche, tourne dans le vide et me répète les mêmes phrases qui ne me réconforteront pas plus qu'elles ne me déprimeront. des phrases qui constatent sans jugements, elles roulent dans ma tête comme les pneus sur la chaussée. quelque part, il y a un arbre cassé dont le corps tombe sur un fil électrique, l'une de ses branches tendue vers le ciel dans un geste désespéré, toutes ses petites ramifications sèches et mortes éclatées autour comme des doigts... je me suis vue entrain d'essayer d'attraper quelque chose d'inaccessible comme cet arbre, la main tendue vers l'impossible... le bonheur? l'amour? ou toutes les autres choses que je désire toujours ardemment même si je ne leur donne jamais aucune chance. la voiture continue de rouler nonchalamment comme si elle avait le droit de traverser le jour comme ça, sans rien demander. ailleurs, une centaine de kilomètres plus loin, entre nulle part et le néant, un pylône de ligne haute tension, les pieds campés dans le froid et la rigueur de la neige, la tête quelque part dans la brume, son corps se détachant dans l'immensité du ciel gris et uniforme, sans nuage ni déchirure. les fils noires et droits déchiraient son cœur et s'en allaient vers un autre, une silhouette familière, un compagnon que le brouillard ne laissait qu'entrevoir en plissant les yeux. aussi semblait-il seul même s'il ne l'était pas véritablement; la présence était toujours là comme une ombre, un fantôme, réel mais invisible, matériel mais fugace.. et il ne la voyait pas... je ne voyais rien. visiblement, ni la nature ni la route ne me ferait rien oublier, il n'y aurait pas de repos dans la fuite, aussi une larme silencieuse coula sur ma joue, vite oubliée, comme le reste. la musique me mets en mots toutes ces choses, et d'autres me les murmurent comme si je ne pouvais comprendre que si quelqu'un m'adressait la parole. les guitares aux rythmes lourds et répétitifs, les voix hantées mais malgré tout apaisantes, les coups de drum impitoyables comme un martèlement incessant...
tout concorde but it's not a pretty picture.



* interpol - leif eriksson *

1 commentaire:

Anonyme a dit…

La magique opère toujours merci.