mardi 5 août 2008



parfois je rêve de cette vie parfaite et idyllique, avant que les états-unis ne veulent tuer john lennon, quand neil young chantait heart of gold, la guitare sur les genoux, la tête rentrée dans les épaules pour pouvoir jouer de l'harmonica en grattant doucement son instrument... les cheveux dans les yeux et l'air absent, la chemise de bûcheron canadien... et pourtant il disait i'm getting old à à peu près vingt ans, en '71 et aujourd'hui je dirais la même chose. nous n'avons jamais été aussi seuls. je me demande si en '70 ils pouvaient seulement l'imaginer. seuls, avec internet. avec les satellites. avec toute l'immensité du monde que l'on croit si proche de soi. parfois l'harmonica est comme un cri lancinant d'un souvenir que je ne retrouve pas, que je n'ai peut-être pas vécu. je ne suis même pas dans l'ombre de son époque. mais on dirait que ma génération a absorbé l'histoire du monde avec clapton, dylan, cash, lennon et les autres... et qu'après les conneries du new wawe les enfants de '90 voudront rechercher quelque chose d'autre.
à quelque part kurt cobain ressemblait à ce neil young de '71, dans sa plus simple expression, dans sa révolte, dans son coeur d'être humain.
parfois je pense à ce monde idyllique, au grand happening culturel, à la confiance aveugle. j'y pense comme à une tribu nomade, une société primitive sans lois ni mensonges.
certains jours c'est la seule chose qui pourrait nous sauver de cette vie.

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