dimanche 19 juillet 2009



j’ai vu des rues étroites, remplies de mystère et du passage du temps. j’ai vu des architectures tellement ruisselantes d’or qu’on aurait dit des papillotes de sucre, des bonbons glacés de mille fioritures. j’ai vu des gens si gentils, des hommes qui sentaient bon des parfums qui me rappelaient le tien, d’autres fiers et arrogants, les yeux semblants me dévorer comme un morceau de viande tendre et juteux, des femmes grandes et sophistiquées, la bouche en forme de cœur et la gorge débordante, me faisant sentir lourde et gauche dans mon corps de nord-américaine. j’ai vu des couchers de soleil à vingt-deux heures, des nuits lourdes et humides, des nuits de peine à refouler des envies légitimes de femme depuis trop peu longtemps laissée seule. j’ai vu les buildings en verre tenter de se fondre à des palais baroques, dessinant dans le plat du paysage des traits et des lignes, des bosses et des coupoles, la silhouette dure et sensuelle d’un corps, d’une ville qui semble grouiller d’amants. j’ai vu des couples béats, le sourire aux lèvres, quitter le chaud refuge des bars et des tavernes et s’engouffrer dans des trams vers d’autres cachettes. j’ai vu ma douleur dans leurs yeux pétillants et j’ai vu mon indépendance me susurrer farouchement de nourrir ma création de ces envies. j’ai vu des peintres et des photographes, des raconteurs d’histoire, faire des doutes amoureux, des désirs refoulés et des pulsions physiques la trame d’un récit palpitant. j’ai vu les peintures anciennes, des tableaux de bois tels des retables d’église gluants de feuilles d’or. j’ai vu les trous dans les veines d’un sans-abris, j’ai vu une femme allaiter son enfant sur le trottoir. j’ai vu la faim, la peur et le froid. j’ai vu les grands arbres millénaires, les monuments aux braves, les fontaines richement décorées, le petit julien qui fait pipi sur un coin de rue.

mes yeux ont vu des choses et ma tête est saturée d’images. je reviens changée, juste un peu. comme s. , j’ai choisi minutieusement mes vêtements pour nos retrouvailles. je voulais que tu saches, que tu sentes, qu’il y avait quelque chose d’autre en moi. le goût de cette façon de vivre, de ce quartier à l’ouest de bruxelles. le goût d’être une de ces grandes femmes sophistiquées aux yeux de velours. j’ai mis une jupe d’époque, achetée dans une fripe de bruxelles, quelque chose d’un peu différent, juste une nuance. des plis un peu différent sur la peau, ce côté frivole et en même temps si chic de ce qu’on s’imagine être l’europe.

depuis, les deux semaines se sont évaporées comme rien, il pleut toujours ici et je me terre avec toi en rêvant de retourner. vivre cette vie telle qu’on l’imagine, comme l’on se plaît à imaginer toutes ses choses belles et douces pour faire passer le temps. 

1 commentaire:

Jérémy a dit…

J'ai travaillé sur les rues également... Mais cela ne m'inspire pas la même chose : http://coneyislandbaby2.canalblog.com/archives/2009/07/22/14489800.html#comments