
EVERYTHING HAPPENS TO ME
j'ai vraiment du mal à concentrer mes pensées en phrases cohérentes. je n'ai vraiment que l'envie de tout placer en liste, donc en moments qui se suffisent à eux mêmes. pourtant j'ai bien conscience que ça ne fonctionne pas toujours et que ça ne suffit pas.
dehors, les gens sont lavés par la pluie. une atmosphère grisonnante façon londres, à quelques milliers de kilomètres. dans mes oreilles, un jazz dépressif où la trompette fais poum poum poum, on y verrait les cabarets enfumés. mais non, juste le même béton noir ou gris sous mes pas, les vieillards fumant sous les porches. l'homme, la soixantaine peut-être, casquette bien enfoncée sur son crâne, tirant des bouffées de sa clope appuyé sur sa voiture, devant le landromat. derrière lui, les cheminées soufflent de la vapeur sentant les vêtements bien propres, pour se mélanger avec sa fumée goudronnée bien sale. l'étudiante, les bras chargés de livres qui dévale la côte à la course dans ses petits souliers qui font clac clac clac. les deux hommes, mi-vieux mi-jeunes, leur âge est difficile à déterminer à mes yeux, qui vident un garage qui semblait depuis longtemps déjà abandonné. leurs visages ont cette expression qui s'accorde avec le temps, une mine basse un peu déprimante. quand je les croise, ils jettent à terre l'enseigne lumineuse pleines de néons qui n'éclairaient plus non plus, et la pose dans la boîte d'un pick up rempli d'objets hétéroclites. un mannequin blanc sans bras attends patiemment sur le trottoir, son beau visage fabriqué en série regardant langoureusement vers un ciel qui ne cesse de cracher ses nuages. le travailleur libanais qui sort les ordures d'une pizzeria anonyme, s'adosse sur le mur à l'abri des regards pour fumer, lui aussi. une vieille dame avec un fichu sur la tête le regarde en passant, les bras chargés de sacs d'épiceries plus volumineux que sa seule silhouette. ses pieds semblent ridiculement minuscules dans les souliers vernis que plus personne ne porte désormais. j'ai envie de penser à ce qu'avais l'air sa jeunesse, mais je n'ai pas le temps. la voiture de police ralentit sur la voie de droite pour tourner dans la file d'un drive-in. il fait si gris que l'enseigne lumineuse rouge et blanche s'allume déjà. il est peut-être 15 heures, peut-être un peu plus, qu'en sais-je. j'ai passé la journée à créer des moments à immortaliser sur papier glacé alors que je préfère les attendre. on m'a pourtant bien expliquer que la photographie a besoin de lumières, de mise en scène, mais je m'en fout, j'ai toujours la soif insatiable de fixer la banalité du quotidien. non pas que je n'ai pas d'idées de grandeur, mais le fait de mettre sur pellicule un monde qui est sensé n'être que le mien me dégoûte un peu. j'ai envie d'être un amalgame de la société. ou du moins tenter de l'être. je ne suis pas si unique, aucun de nous ne l'est.
le marchand rentre à l'intérieur de sa boutique une affiche fait main qui commencer sérieusement à souffrir sous la pluie. sa porte sonne comme un carillon, comme un drugstore de coin de rue banal dans ses néons criards. les voitures passent et éclaboussent, toujours plus vite, pour s'échouer aux feux de circulation. les employés de la construction dans leurs habits oranges, à côté de la bétonnière. ... et le couple d'amoureux, l'homme qui a son bras passé sur l'épaule de la femme qui lui tient la main. elle a le visage enfouit dans son cou, on dirait que tout son corps repose sur lui. il marche si lentement sous les arbres qu'il semble que le temps fuit au ralenti, alors qu'elle passe sa main dans ses cheveux fins et clairs, murmurant un i love you qui semble rempli d'interdits.
dehors, les gens sont lavés par la pluie. une atmosphère grisonnante façon londres, à quelques milliers de kilomètres. dans mes oreilles, un jazz dépressif où la trompette fais poum poum poum, on y verrait les cabarets enfumés. mais non, juste le même béton noir ou gris sous mes pas, les vieillards fumant sous les porches. l'homme, la soixantaine peut-être, casquette bien enfoncée sur son crâne, tirant des bouffées de sa clope appuyé sur sa voiture, devant le landromat. derrière lui, les cheminées soufflent de la vapeur sentant les vêtements bien propres, pour se mélanger avec sa fumée goudronnée bien sale. l'étudiante, les bras chargés de livres qui dévale la côte à la course dans ses petits souliers qui font clac clac clac. les deux hommes, mi-vieux mi-jeunes, leur âge est difficile à déterminer à mes yeux, qui vident un garage qui semblait depuis longtemps déjà abandonné. leurs visages ont cette expression qui s'accorde avec le temps, une mine basse un peu déprimante. quand je les croise, ils jettent à terre l'enseigne lumineuse pleines de néons qui n'éclairaient plus non plus, et la pose dans la boîte d'un pick up rempli d'objets hétéroclites. un mannequin blanc sans bras attends patiemment sur le trottoir, son beau visage fabriqué en série regardant langoureusement vers un ciel qui ne cesse de cracher ses nuages. le travailleur libanais qui sort les ordures d'une pizzeria anonyme, s'adosse sur le mur à l'abri des regards pour fumer, lui aussi. une vieille dame avec un fichu sur la tête le regarde en passant, les bras chargés de sacs d'épiceries plus volumineux que sa seule silhouette. ses pieds semblent ridiculement minuscules dans les souliers vernis que plus personne ne porte désormais. j'ai envie de penser à ce qu'avais l'air sa jeunesse, mais je n'ai pas le temps. la voiture de police ralentit sur la voie de droite pour tourner dans la file d'un drive-in. il fait si gris que l'enseigne lumineuse rouge et blanche s'allume déjà. il est peut-être 15 heures, peut-être un peu plus, qu'en sais-je. j'ai passé la journée à créer des moments à immortaliser sur papier glacé alors que je préfère les attendre. on m'a pourtant bien expliquer que la photographie a besoin de lumières, de mise en scène, mais je m'en fout, j'ai toujours la soif insatiable de fixer la banalité du quotidien. non pas que je n'ai pas d'idées de grandeur, mais le fait de mettre sur pellicule un monde qui est sensé n'être que le mien me dégoûte un peu. j'ai envie d'être un amalgame de la société. ou du moins tenter de l'être. je ne suis pas si unique, aucun de nous ne l'est.
le marchand rentre à l'intérieur de sa boutique une affiche fait main qui commencer sérieusement à souffrir sous la pluie. sa porte sonne comme un carillon, comme un drugstore de coin de rue banal dans ses néons criards. les voitures passent et éclaboussent, toujours plus vite, pour s'échouer aux feux de circulation. les employés de la construction dans leurs habits oranges, à côté de la bétonnière. ... et le couple d'amoureux, l'homme qui a son bras passé sur l'épaule de la femme qui lui tient la main. elle a le visage enfouit dans son cou, on dirait que tout son corps repose sur lui. il marche si lentement sous les arbres qu'il semble que le temps fuit au ralenti, alors qu'elle passe sa main dans ses cheveux fins et clairs, murmurant un i love you qui semble rempli d'interdits.
* chet baker quartet - these foolish things (reminds me of you)*
1 commentaire:
mondieu j'aime les atmosphères qui sortent de tes notes, c'est tellement bien raconté, vraiment on sy croirait
pour la photo je suis d'accord avec toi *anti mise en scène ou presque*
et sinon j'aimerais voir ce chemin que tu nous raconte, cette route et ces gens, tu devrais en faire une serie photo sur le quotidien =)
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