
TAKE THE PLAN, SPIN IT SIDEWAYS
j'arrête pas de penser à tous ces débuts d'histoires toutes ces choses que je laisse en plan volontairement ou non. je pense que c'est ce qui m'empêche d'avancer, bloquer sur des idées que je n'arrive pas forcément à rendre correctement et que je remets a plus tard (tout en sachant que je n'y reviendrai pas). j'agis souvent comme si c'était ma dernière idée et qu'après celle là plus rien ne vaudra jamais la peine. comme si j'allais soudainement arrêté de penser et les flashs d'inspiration subites n'allaient plus venir de temps en temps. c'est tellement illogique... pourquoi quelque chose qui me colle à la peau depuis mon enfance devrait-il disparaître comme ça sans raison? est-il vraiment possible que les choses se brisent sans que l'on sache pourquoi? je sais rationnellement que non, mais j'agis pourtant constamment comme si c'était le cas. mon inconscient vit dans la crainte de voir tout ce que je me suis efforcée de bâtir s'écrouler. tellement qu'à un certain point, je pense que s'il n'y avait pas des gens pour me ramener sur terre je pourrais en provoquer la fin, même sans y penser consciemment, sans le vouloir. à trop forcer et en ayant l'impression de vivre sur du temps emprunté, sur des secondes comptées à rebours avant la fin. j'ai toujours cette peur au creux du ventre, -à différents degrés, certes- sans jamais arriver à la comprendre et à y poser des mots pour l'expliquer. je me demande pourtant si tous les -grandesrespirations,parlevite-, artistes, dessinateurs, photographes, écrivains, acteurs, on cette crainte qui leur colle à la peau. je leur souhaite sincèrement que non. j'ai tant et tant de mal à me permettre l'erreur que je préfère réellement ne rien faire plutôt que de ne pas être satisfaite à 100% de ce que j'ai fait. mais vous me diriez qu'il y a toujours la possibilité de modifier ce que l'on a fait, de l'utiliser comme une première esquisse... oui. pour les autres, mais pas pour moi. certains d'entre vous m'ont dit qu'ils écrivaient toujours mieux après un premier jet, où ils en viennent à éliminer ce qui ne fonctionne pas à leur goût. soit. mais pour moi, je pense, sans doute à tort, que l'écriture vient naturellement et spontanément, si l'on force trop on finit par tuer l'essence, l'émotion qu'on s'efforçait de transmettre, et ensuite, on a beau tenter de remettre en ordre, de réécrire, changer, retourner, couper, coller, recoller, déplacer le tout, tout aura toujours l'ombre amère du premier jet insatisfaisant, un fantôme sur ses pas.
je le dit en sachant que j'ai tort.
on vante partout la valeur de l'effort et du travail acharné, on dit qu'au final tout finit par payer... on me dit aussi qu'il n'y a pas de raison que l'œil que j'ai dessiné sur le portrait d'un homme qui me tient tant à cœur, que cet oeil là qui est presque correct, à peine un peu trop haut, à peine un peu trop oval, que cet oeil là qui m'apparaît comme parfait ou presque, ne soit pas aussi bien ou encore mieux lorsque je l'effacerai pour le repositionner là où il va. pourtant à chaque fois, ou presque, à chaque fois lorsque je suis seule je suis prête à accepter cette erreur, à accepter que ce portrait ne sera jamais satisfaisant puisqu'il est faux, mais pas encore aussi faux qu'il pourrait l'être si j'effaçais et que l'œil que je tracerais de nouveau serait encore moins ressemblant, encore moins vivant, moins parfait, que celui qui ne me satisfait déjà pas entièrement. pourtant on me dit que si je l'ai réussit, ou presque, une fois, il n'y a pas de raison que je ne puisse pas le refaire et qu'il soit mieux, ou au moins aussi bien.
certes.
mais essayez encore de me rentrer ça dans le crâne.
je suis bourrée de défauts d'orgueil et d'angoisse, la peur constate de l'échec ou du moment qu'on rate et qui ne reviendra jamais, l'instant où on aurait du appuyer sur le déclencheur, la vitesse de l'appareil à 1/200e de seconde pour bien fixer le mouvement, et où on appuie une demi-seconde trop tard...
la forme en mouvement s'étale dans une mimique bizarre, bien fixe et nette, mais dépouillée de la valeur du moment.
je le dit en sachant que j'ai tort.
on vante partout la valeur de l'effort et du travail acharné, on dit qu'au final tout finit par payer... on me dit aussi qu'il n'y a pas de raison que l'œil que j'ai dessiné sur le portrait d'un homme qui me tient tant à cœur, que cet oeil là qui est presque correct, à peine un peu trop haut, à peine un peu trop oval, que cet oeil là qui m'apparaît comme parfait ou presque, ne soit pas aussi bien ou encore mieux lorsque je l'effacerai pour le repositionner là où il va. pourtant à chaque fois, ou presque, à chaque fois lorsque je suis seule je suis prête à accepter cette erreur, à accepter que ce portrait ne sera jamais satisfaisant puisqu'il est faux, mais pas encore aussi faux qu'il pourrait l'être si j'effaçais et que l'œil que je tracerais de nouveau serait encore moins ressemblant, encore moins vivant, moins parfait, que celui qui ne me satisfait déjà pas entièrement. pourtant on me dit que si je l'ai réussit, ou presque, une fois, il n'y a pas de raison que je ne puisse pas le refaire et qu'il soit mieux, ou au moins aussi bien.
certes.
mais essayez encore de me rentrer ça dans le crâne.
je suis bourrée de défauts d'orgueil et d'angoisse, la peur constate de l'échec ou du moment qu'on rate et qui ne reviendra jamais, l'instant où on aurait du appuyer sur le déclencheur, la vitesse de l'appareil à 1/200e de seconde pour bien fixer le mouvement, et où on appuie une demi-seconde trop tard...
la forme en mouvement s'étale dans une mimique bizarre, bien fixe et nette, mais dépouillée de la valeur du moment.
* bright eyes - poison oak *
2 commentaires:
SAlut marie, je devait juste tres humblement te dire que texte sont magnifique,... tu devrait peut-etre envisager une carriere d'écrivaine si l'art t'interesse moins, car tu as un véritable talent ! ...
Complètement d'accord avec smith, tu devrais essayer l'encre.
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