j'ai l'impression que les saisons se sont envolées - ici il n'y a rien que le vide du soir mais le matin le désespoir du soir à la fin
c'est la nuit mais tout est plus clair que blanc.
je sais c'est parce que le jour mes yeux ne s'ouvrent peu - le jour j'essaie de savoir quel visage me convient les gens que je rencontre ne sont que des étrangers que je bouscule sur les trottoirs la pluie glisse sur le pavé et rien ne me ressemble vraiment, comme rien ne ressemble a l'hiver et à mon pays – rien - le soleil qui brille sur la neige cristallisée comme des millions de petites étoiles dans des yeux invisibles qui ne s'ouvrent plus couvertes par des paupières géantes toutes aussi invisibles mais dures et froides et tangibles comme une distance
quelque part quelqu'un a éteint une lumière comme dans les contes pour enfants, quelque part un veilleur de nuit a failli et n'a pas allumé sa lanterne, le petit prince est seul sans repères - quelque part dans mon folklore josaphat-le-violon n'a pas sorti la lune de derrière la montagne et les balcons du mont royal sont glacés quelque part quelque chose c'est éteint et rien dans mon sens de la littérature rien chez prévert chez kundera ou chez wilde, quoiqu'un peu chez wilde, ne saurait décrire cette absence – certes un peu wilde et ses amours toujours défaillants grugeant son âme et son art, ses amitiés demandantes toujours perdues d'avance et son enthousiasme débordant à toujours offrir sans compter sa personne et ses biens, son incroyable estime de lui-même qui le perdra malgré tout puisqu'il ne savait reconnaître le moment ou il failli le moment ou tout lui échappait puisque sans même qu'il n'en est conscience il s'était mis a la place de christ lui même, à la place du monde à la place du centre de tout dont tout doit dépendre et il ne s'était trouvé être qu'un homme à qui l'on arracha cette fierté a coup de faillites et de peines – à qui la dure leçon de la vie fut servie dans un uniforme de prisonnier et dans la disgrâce et l'errance... – (...)
cette lumière s'est éteinte mais tout chez wilde me fait croire que c'est mon bras propre qui devra se tendre pour la rallumer puisque les grands drames ne se vivent jamais qu'en solo, la tragédie est intérieure et sortie de ce cadre elle devient pathétique et absurde - le matin aussi dans la fraîcheur du jour et dans le vent je la regarde fascinée tout ce qui se trame se coud à l'intérieur de moi me semble alors étranger, secouer la tapisserie de poussière et essayer de vivre en refermant la fleur de l'oubli comme si faire fi de toutes choses allaient les faire disparaître
il faut pourtant de temps en temps irriguer la mémoire
celle de l'intérieur.
(je déteste ce blog mais il est ma raison pour écrire,
alors tant pis, je continues de le détester.
j'arrêterai quand j'aurai bien pris conscience que
tout est inutile, de toute façon).
1 commentaire:
Ça doit pas être si inutile si on en ressent le besoin non? j'aime croire que ça ne l'est pas.
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