jeudi 15 janvier 2009




les beaux vêtements prennent des faux plis sur la chaise, tous les jours, je remets les mêmes sweat pants gris, bleu ou rose et la chemise tachée de peinture. tous les jours, je me mords le bout des doigts en essayant d’écrire, mais en vain. la tête sur l’oreiller, appuyée contre le mur ou sous la douche, rien n’y fait.

je n’ai pas pris de résolutions pour deux mille neuf, je n’attends rien. les premiers jours de l’année ont été doux et familiers, avec un noël en retard, des larmes de bonheur, des parties de cartes et de hockey. je ne voulais pas faire de bilan, mais il fait si froid dehors, le pays est congelé et c’est la nuit. je fais des rêves de grandes villes et de buildings gris. montréal sous la pluie continue à me hanter, je sais trop bien que c’est deux mille neuf et que je ne suis plus une enfant. le fantôme de la grande ville, du bruit constant, d’une autre langue surgit parfois dans la nuit, quand j’essaie de réfléchir et de reprendre ce cerveau d’artiste que j’ai mis de côté.

où l’ai-je mis de côté? me quitte-t-il jamais vraiment? poser la question s’est y répondre, il est cousu dans ma tête avec de la broche de fer, il est mon cœur, mon estomac et mes tripes. j’ai beau prétendre le contraire, j’ai atteint un point où il n’y a vraiment plus de retours possibles. à la limite, je pose sur la vie un regard d’écrivain, de photographe, de réalisateur de film. ça dépend toujours des jours. quand l’art visuel me quitte un moment, il prend toujours une autre forme, se faufile au creux de moi,  portant d’autres instincts, d’autres envies, qui me ramènent toujours au même point. c’est toujours plus vrai quand je prends la route./il avait raison en disant que j’essayais toujours de comprendre cet état d’esprit au lieu de simplement le vivre et l’accepter. je ne sais pas comment on peut faire cela. je ne sais pas comment on peut mettre un pied devant l’autre sur une corde raide sans regarder en bas. / c’est un état d’esprit tellement fragile et terrifiant. la seule façon de cohabiter avec lui est de le remettre constamment en question. comme on questionne tout le reste, comme on cherche toujours un sens à tout.

les étrangers qui sourient me font toujours du bien. pas lorsqu’ils me sourient, on ne se sourit plus vraiment dans les villes, on se regarde à peine, sans rancune. j’aime les étrangers qui sourient, entre eux, seuls, pour rien, à la télévision, sur les panneaux publicitaires, à la radio, dans leurs voix, sur les photos. j’aime l’empathie que l’on a pour eux, j’imagine toujours un peu leurs histoires, leurs vies, leurs amours. j’aime comment ils arrivent à nous sauver de nous-mêmes un moment, peut-être juste le moment qu’il faut. la seconde ou l’heure qu’il faut.


 *manic street preachers - born a girl*

 

1 commentaire:

ORTELIS a dit…

"Vivre et accepter"... on m'a proposé ça hier soir... accepter de ne rien comprendre et continuer de vivre comme si de rien n'était.