
trois heures du matin, la neige tombe dans la bourrasque au-dehors. la pluie a cessé. la pluie de printemps a gelé sur les vitres des voitures. je te regardais gratter frénétiquement la glace sur ton pare-brise, dans la nuit. je me demandais quoi te dire, mais pas tant que ça. les roues glissent, font des traces en serpentant dans les rues. tu conduis longtemps, tu conduis un peu comme mon père. vite, sans stress. j’ai confiance, une confiance basée sur rien, sur cette façon dont le moteur vrombit par moment, par la vitesse qui fait tout défiler. tu pourrais conduire des heures et je resterais là à regarder par la fenêtre. à rien te dire, et à tout te dire en même temps. «on pourrait partir à montréal comme ça, cette nuit, et ça ne me ferais rien. – et bien alors, on y va maintenant.» on m’avait fait un portrait de toi, on m’avait dit que tu partais sur des coups de tête, je n’y croyais pas. mais tu as juste dit ça et tu m’as eu.
je t’ai laissé un paquet de chiffre sur un bout de carton, dans une bouffée de panique j’ai espéré que tu ne m’appellerais pas. puis il y a eu cette voix dans ma tête qui m’a rappelée de vivre.
ton parfum remplit l’habitacle.
tu m’as eu.
4 commentaires:
La neige donne des fois d'autres envies...
L'image véhiculée par tout ça laisse rêveuse putain. Pour le coup ça me donne envie de road movie sous la neige ... Je trouve ça incroyablement romantique, au sens moderne du terme.
<3
J'aime beaucoup ta nouvelle bannière ! D'ailleurs serait-ce Hubert Selby ?
à fury : certes, c'est romantique. par contre, on ne serais pas vraiment partis a montréal ce soir là. c'est romantique mais c'est aussi dangereux.
à andy : moi aussi :) c'est l'artiste conceptuel joseph beuys. <3
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