dimanche 5 avril 2009


 

c'est si fragile, si fragile.  dans la chambre sombre et bleutée, remplie de rumeurs de victoires et de caresses inégales, la nuit a tournée les chiffres sur le cadran. je les regarde avec appréhension. le 1 s'est transformé en 2 et toujours je ne veux pas bouger. ta main cherche et fuit la mienne, successivement, comme si le plaisir était de la conquérir encore, et encore. la conquête est facile, c’est vrai.
tes voisins bruyants se sont tût. tout s’est tût, même la voix dans ma tête, qui me somme de partir, de quitter la douce chaleur qui a poussé autour de nous, au nom de je ne sais quoi, au nom d’une rationalité envahissante. tu ne lui a donné aucune chance. à force de compliments, de mots espacés de silences sur un fil. de baisers qui me prennent par surprise, tes lèvres qui cherchent quelque chose que je ne sais pas. elles aussi conquièrent, s’attaquent au territoire entre l’oreille et l’épaule, compulsivement, de peur peut-être qu’il se dérobe. il ne va nulle part. la pluie tombe dehors et tape contre la vitre.

tout est parfait.
tout est un tourbillon de vêtements, de peau et de mes cheveux. tes doigts libres se baladent dans le bas de mon dos, me gonflent de frissons immenses. tu me dit doucement de ces choses que les filles veulent entendre, mais je pense que tu y crois.
  le conquérant en toi m’attire près de lui, et quand je te dis qu’il te reste deux minutes, avant que les chiffres du cadran rouge me somment de partir vraiment, cette fois, il s’énerve. tes doigts roulent de la joue à la taille, cherchant la peau sous les vêtements, tes mains se pressent, nos corps se désirent trop forts et tes baisers prennent mon cou avec une ardeur telle que je la laisse aller avec un petit cri de plaisir. si bien que non deux, mais dix minutes plus tard, c’est moi qui ne bouge plus, repue d’une chaleur moelleuse, incapable de dire s’il faut partir ou non. le 2 s’est transformé en 3.

ce matin, il y a cette petite marque rose sur mon cou. un vestige si doux que personne ne le remarque, sinon moi. 

je la laisse à la vue comme je laisse tout à la vue, ici. tout, avec une espèce d’impudeur, en cherchant sans doute à rallumer la voix de cette rationalité envahissante, au moins jusqu’à ce que je te retrouve.

1 commentaire:

Fury a dit…

C'est dingue comme tu écris bien tout ça.
C'est tomber dans le cliché.
Tu y retranscris la douceur et aussi la force.
Non, vraiment, c'est dingue. C'est beau, vraiment trop.