
c'est bizarre de se faire rappeler de temps à autre les principes pour lesquels nous nous sommes dévoués. nous y sommes si loyaux tous les jours qu'on aurait dit une seconde nature. hors, quand les mots sortent de sa bouche, pour ceux qui commencent à peine à apprendre, nous ne pouvons que nous sourire mutuellement en se rappelant qu'il y a à peine cinq mois, l'éthique et le respect, l'innovation et la diffusion, le progrès, la recherche et la rigueur, le partage et l'amitié n'étaient pas des valeurs qui nous collaient à la peau. les habitudes sont vite prises lorsque s'en est des bonnes.
j'ai du mal à me rappeler la tension que j'avais dans les membres, la bougeotte sur mon siège et le chaos dans ma tête lorsque j'ai scruté tous ces visages pour la première fois. je les regarde eux, perdus, le regard vague, la bouche close et j'essaie de déceler dans les froncements de sourcils et dans les attitudes si les valeurs que je cite, et que j'entends dans la bouche de mes professeurs, si ces valeurs trouvent un quelconque échos au plus profond d'eux-mêmes. je me rappelle comment ça avait l'air abstrait. probablement que ça l'était effectivement. je n'avais pas envie de partager quoi que ce soit ni d'aimer aucun de ses visages, ni d'avoir de respect pour qui que ce soit. on nous vantait l'unité de cet esprit de famille et j'en riait. j'en riait, de la fille avec les cheveux mauves et les vêtements dépareillés, du mec avec des trous dans ces jeans et les écouteurs autour du cou, de la fille qui dessinait des mangas... et aujourd'hui on est assis dans un coin pendant des heures. à ne pas faire grand chose d'autre que d'être ensemble même si à la base il n'y a rien qui nous unis. ah si.. l'éthique et le respect. l'innovation, la diffusion, le progrès, la recherche et la rigueur. le partage et l'amitié. ce sont des choses qui viennent avec le temps, qui frayent leur chemin sans que l'on en ai conscience. et on se réveille un matin en se rendant compte qu'on ne voit plus les choses de la même manière. que la rage s'est éteinte et que les références ne sont plus les mêmes. on se mets à élaborer de grandes théories qui n'existaient jadis que pour les autres. on se mets à parler avec le ton, la tonalité de voix qui spécifie qu'il y a quelque chose de grand, d'infiniment sérieux, du sérieux de l'idée, du concept bien réalisé. du travail bien fait.
je dessine sur le plan de cours, en écoutant distraitement, et je sais que le départements des arts m'a arraché quelque chose à coup de larmes et de révolte, mais que maintenant il l'a bien en main.
c'est bizarre de se faire rappeler de temps à autre les principes pour lesquels nous nous sommes dévoués. toutes ces choses que nous savons, les détails que l'on connaît par cœur mais qui ont disparu comme sur un moule usé. elle m'a rappelé qu'il n'y avait pas de raison de cesser de guetter ces petits moments, cette subtile variation de lumière, ce reflet sur l'eau, ce passant dans ce décor à ce moment; "l'instant décisif" de cartier-besson, et je me suis sentie immensément soulagée; comme si tout à coup on me permettait d'être comme avant, quand l'art n'était qu'un idéal vague, une sensation tactile différente, bizarre comme un picotement dans la main. personne n'avait jamais rien dit à propos de ça, tellement que j'avais fini par croire que ce n'était pas quelque chose qu'on enseignait dans les écoles. j'avais fini par croire qu'il n'y avait que I. pour comprendre, quand il se mettait à parler longtemps avec la guitare sur les genoux. j'avais fini par oublier.
j'avais besoin de d'autres gens pour comprendre. peut-être tout simplement.
j'ai du mal à me rappeler la tension que j'avais dans les membres, la bougeotte sur mon siège et le chaos dans ma tête lorsque j'ai scruté tous ces visages pour la première fois. je les regarde eux, perdus, le regard vague, la bouche close et j'essaie de déceler dans les froncements de sourcils et dans les attitudes si les valeurs que je cite, et que j'entends dans la bouche de mes professeurs, si ces valeurs trouvent un quelconque échos au plus profond d'eux-mêmes. je me rappelle comment ça avait l'air abstrait. probablement que ça l'était effectivement. je n'avais pas envie de partager quoi que ce soit ni d'aimer aucun de ses visages, ni d'avoir de respect pour qui que ce soit. on nous vantait l'unité de cet esprit de famille et j'en riait. j'en riait, de la fille avec les cheveux mauves et les vêtements dépareillés, du mec avec des trous dans ces jeans et les écouteurs autour du cou, de la fille qui dessinait des mangas... et aujourd'hui on est assis dans un coin pendant des heures. à ne pas faire grand chose d'autre que d'être ensemble même si à la base il n'y a rien qui nous unis. ah si.. l'éthique et le respect. l'innovation, la diffusion, le progrès, la recherche et la rigueur. le partage et l'amitié. ce sont des choses qui viennent avec le temps, qui frayent leur chemin sans que l'on en ai conscience. et on se réveille un matin en se rendant compte qu'on ne voit plus les choses de la même manière. que la rage s'est éteinte et que les références ne sont plus les mêmes. on se mets à élaborer de grandes théories qui n'existaient jadis que pour les autres. on se mets à parler avec le ton, la tonalité de voix qui spécifie qu'il y a quelque chose de grand, d'infiniment sérieux, du sérieux de l'idée, du concept bien réalisé. du travail bien fait.
je dessine sur le plan de cours, en écoutant distraitement, et je sais que le départements des arts m'a arraché quelque chose à coup de larmes et de révolte, mais que maintenant il l'a bien en main.
c'est bizarre de se faire rappeler de temps à autre les principes pour lesquels nous nous sommes dévoués. toutes ces choses que nous savons, les détails que l'on connaît par cœur mais qui ont disparu comme sur un moule usé. elle m'a rappelé qu'il n'y avait pas de raison de cesser de guetter ces petits moments, cette subtile variation de lumière, ce reflet sur l'eau, ce passant dans ce décor à ce moment; "l'instant décisif" de cartier-besson, et je me suis sentie immensément soulagée; comme si tout à coup on me permettait d'être comme avant, quand l'art n'était qu'un idéal vague, une sensation tactile différente, bizarre comme un picotement dans la main. personne n'avait jamais rien dit à propos de ça, tellement que j'avais fini par croire que ce n'était pas quelque chose qu'on enseignait dans les écoles. j'avais fini par croire qu'il n'y avait que I. pour comprendre, quand il se mettait à parler longtemps avec la guitare sur les genoux. j'avais fini par oublier.
j'avais besoin de d'autres gens pour comprendre. peut-être tout simplement.
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